Comédies musicales et spectacles

Elvis est vivant

03.04.2017 Par Frank Hubrath
Son regard lascif, sa touffe et son look glam ont fait d'Elvis Presley le roi du rock'n'roll. Mort en 1977, il semble pourtant omniprésent. Que ce soit "Heartbreak Hotel", le déhanché ou Hollywood. Le King continue aujourd'hui encore de fasciner les foules. En cette 40e année après sa mort, les événements spectaculaires d'Elvis sont de mise.

Le monde de la fin des années 1950 est conservateur. Jusqu'à l'arrivée d'Elvis. C'est comme un tremblement de terre. Elvis est jeune, charmant et séduisant. Sa voix est incisive et sexy. Son style de danse est excessif. Face à lui, les stars de l'époque font figure de bourgeois. Son déhanchement sans équivoque, son regard coquin et son "Jailhouse Rock" explosif donnent un coup de vieux à des crooners comme Frank Sinatra ou Bing Crosby. Elvis et sa musique étaient ce que les parents détestaient et que leurs enfants devaient aimer pour cette raison même.

Juste après ses premières apparitions, le public et les médias sont sous le choc. Elvis est une "bombe atomique masculine", déclare un présentateur de télévision. Des titres comme "Elvis Presley chante comme Marylin Monroe marche" font le tour de la presse. La rébellion, le sex-appeal et le romantisme adolescent concluent un pacte avec le rock'n'roll. Les anciens diabolisent son show scénique, tandis que ses jeunes fans sont en extase. Pourtant, cet Elvis Aaron Presley de Tupelo, Mississippi, est un garçon timide et un gentleman irréprochable. Un homme qui aime et vénère sa mère. Elvis s'étonne : "Ils disent que je suis vulgaire - et ils me traitent de rebelle". En 1958, l'armée l'enrôle. Le rebelle devient un citoyen,
que tout le monde apprécie soudain.

Bob Dylan dira plus tard : "Ecouter sa musique, c'était comme s'évader de prison". Pour Keith Richards des Rolling Stones, Elvis avait réuni la musique noire et la musique blanche. Et pour l'ex-Beatle John Lennon, "avant Elvis, il n'y avait rien".

Pour ses débuts en studio à 19 ans, le garçon issu du milieu des bootleggers veut enregistrer des ballades. Mais Sam Phillips, producteur dans les studios Sun à Memphis, refuse. "That's All Right, Mama" est sa dernière chance. Et Elvis la saisit. Phillips l'avait prédit : "Je veux un Blanc qui joue de la musique noire avec toute son âme. On peut faire des millions avec ça". Du jour au lendemain, le petit label Sun devient une plaque tournante pour la musique la plus chaude de la planète. Mais ce Elvis est rapidement trop grand. Phillips reçoit peu après de la maison de disques RCA la somme record de 40'000 dollars de l'époque : Elvis a son premier grand contrat d'enregistrement en poche. Comme il s'avérera, il s'agit d'une licence pour imprimer de l'argent. Plus important encore : le pauvre camionneur à la voix grandiose devient une star. Le King est né.

Pourtant, les conditions étaient mauvaises. Un père qui fait des petits boulots, une mère malade, une pauvre maison en bois dans le sud rural, marqué par la dépression. C'est là que le futur roi du rock'n'roll voit le jour. Son frère jumeau Jesse est mort au monde une demi-heure plus tôt. Un drame du Sud.

Cet Elvis devient la première et la plus grande star d'une musique qui n'a pas encore de nom. Et met fin au caractère statique de la pure situation d'enregistrement. Le King rend ses mouvements audibles et remplit l'espace. Même si, dans la célèbre émission télévisée d'Ed Sullivan, il est filmé "pour des raisons de décence" à partir de la hanche : L'homme ne peut plus être arrêté. Les hits s'enchaînent. De son vivant, il vend déjà 400 à 500 millions de disques. En 2007, 30 ans après sa mort, la barre du milliard est déjà franchie.

Un cœur généreux

Avec le succès vient la richesse. Pour commencer, il offre à sa maman une Cadillac rose. Plus tard, il s'achète une imposante propriété appelée Graceland. Dans cette imposante construction à colonnes, la superstar, toujours prête à dépenser, rassemble ses amis. C'est ici qu'il vit et travaille, c'est ici que le King fait la fête, c'est ici qu'il va mourir.

La fabuleuse carrière d'Elvis connaît des ruptures légendaires. Ce qui suit, ce sont des comebacks énormes. En 1968, à Memphis, tout de cuir noir vêtu, il présente l'un des meilleurs spectacles rock de tous les temps. En 1973, en direct d'Hawaï, enveloppé dans une combinaison blanche à paillettes, plus d'un milliard de personnes le regardent via satellite. Chaque fois que l'histoire d'Elvis semble se terminer, elle recommence.

Le King meurt le 16 août 1977 à l'âge de 42 ans. Le président américain de l'époque, Jimmy Carter, présente ses condoléances : "Un morceau d'Amérique a été perdu". Il reste 711 chansons, 31 films hollywoodiens, d'innombrables histoires et anecdotes.

Elvis a 13,5 millions d'amis sur Facebook. Il est joué, repris, streamé, honoré et toujours écouté. Mieux encore : Elvis repart en tournée ! Le 18 mai, on pourra voir le King, ses chansons et un grand orchestre symphonique au Hallenstadion de Zurich. Dans cette production spectaculaire, on voit Elvis sur un écran géant et l'invitée vedette Priscilla Presley raconte sa vie. En janvier 2018, "Elvis - la comédie musicale" sera en Suisse. Cette production acclamée est un magnifique hommage qui reprend les moments forts de la carrière du King. "50 millions de fans d'Elvis ne peuvent pas se tromper", pouvait-on lire en gras dès 1959 sur la pochette de "Golden Records Volume 2". Sa maison de disques devait avoir raison. Le King, tout simplement.

ELVIS PRESLEY EN CONCERT
jeu18 mai 2017, Hallenstadion Zurich
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ELVIS - LE MUSICAL
3-14 janvier 2018, divers lieux
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Traduit avec DeepL