Musique

Santigold : "La musique n'est pas sans valeur".

30.04.2016 Par Michel Imhof
"L'avarice, c'est génial" est un slogan publicitaire populaire qui s'applique également à la musique. L'Américaine Santigold (39 ans) le critique et nomme son album "99¢" par dépit. Le 14 juin, elle sera au X-tra de Zurich.

Le secret Santigold en tournée

Bien que Santigold soit plutôt considérée comme une valeur sûre, elle est déjà partie en tournée avec de très grands noms. Elle a ouvert les concerts de Coldplay, Red Hot Chili Peppers, Kanye West, Björk et Jay Z. Elle est encore liée à ce dernier aujourd'hui - elle est sous contrat avec son label Roc Nation. Depuis mars, Santigold, qui se produisait jusqu'en 2009 sous le nom de Santogold, mais qui a dû changer ce nom en raison d'un litige juridique, est en tournée "We Buy Gold" et apporte sa pop aux accents électroniques en Suisse également.

La musique n'a aucune valeur, pourrait-on penser. Il est très facile de télécharger gratuitement de la musique sur Internet. Les gens ne sont pas prêts à dépenser beaucoup d'argent pour la musique. Santigold, de son vrai nom Santi White, l'a bien compris. Et elle critique cette évolution.

"L'artiste doit se transformer lui-même en produit".

La pochette de son nouveau disque fait penser à des soldes : Santigold est allongée comme un morceau de viande emballé dans du film transparent au milieu d'objets de son quotidien. Le titre de l'album est provocateur : "99¢". Bien sûr, l'album ne coûte pas si peu, le titre est une allusion aux soldes de la musique. "C'est une triste époque pour les vrais artistes, pour les vrais musiciens", déclare la chanteuse qui vit à Brooklyn au magazine "Rolling Stone".

On est obligé de se vendre via les médias sociaux et on ne peut plus vivre de la vente de musique. Au contraire, Santigold doit désormais faire des compromis dans son travail. "L'artiste doit aujourd'hui se transformer lui-même en produit - je joue par exemple beaucoup de concerts d'entreprise, c'est-à-dire des concerts pour des sociétés et des personnes privées aisées", dit-elle. Certes, c'est fondamentalement différent des concerts publics, mais c'est aussi une belle façon de véhiculer sa propre musique.

Santigold critique les médias sociaux

Si l'Américaine s'arrête à Zurich, son dernier single "Can't Get Enough of Myself" ne manquera pas non plus. Il y est question de l'obligation de se présenter sur les médias sociaux. Un clip musical interactif a été créé à cet effet, dans lequel le spectateur devient lui-même une partie du clip au moyen d'une webcam. Ainsi, chacun peut se sentir exposé comme le sont les musiciens d'aujourd'hui.

SANTIGOLD
14.06.16, X-TRA ZÜRICH
BILLETS

Traduit avec DeepL