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Musique

Trauffer : faire de la luge sur la voie de dépassement

06.03.2018 Par Mario von Ow und Michel Imhof
Trauffer est l'homme du moment. Son dernier album "Heiterefahne" est devenu entre-temps l'album le plus populaire du hit-parade pour un artiste suisse. Et pourtant, le propriétaire d'usine, papa et chanteur va encore plus loin.

On se demande comment il fait quand on connaît la biographie de Marc Trauffer (38 ans). Non seulement il dirige la célèbre fabrique de jouets en bois Trauffer dans l'Oberland bernois, mais il est aussi papa de deux enfants et musicien passionné. Mais la musique n'est pour lui qu'un hobby, a-t-il déclaré dans des interviews précédentes. Un hobby très réussi, car Trauffer est sur toutes les lèvres. Des concerts à guichets fermés, des succès au hit-parade pour les livres d'histoire.

Tout cela n'est-il qu'une stratégie de vente astucieuse ? "Beaucoup de journalistes me le reprochent", raconte-t-il dans l'interview. "Mais c'est ma réalité, je vis ici à la campagne dans l'Oberland bernois. Entre les vaches et les pâturages !" Il a raison. Dans l'idyllique Hasliberg, c'est déjà différent de la ville urbaine de Zurich. De toute façon, Trauffer a déjà fait une croix sur la vie en ville. "J'ai habité à Bâle et j'ai toujours trouvé étrange de connaître la caissière du magasin, mais qu'elle ne me connaisse pas", estime-t-il.

Trauffer estime que la diversité de la Suisse est menacée

De manière générale, il se sent très attaché à la Suisse. Ce qu'il aime le plus ? "La diversité, que ce soit dans la culture ou même dans les possibilités que nous avons ici", dit-il. Mais il estime que cette diversité est actuellement menacée par la prochaine votation sur l'initiative No Billag. "Il serait fatal que les Rhéto-romanches soient soudain privés de journal télévisé", dit-il. "Ou si l'on ne devait plus miser que sur la pop à la radio, au lieu de donner aussi une place à la musique classique".

De manière générale, le paysage politique préoccupe le chanteur alpin. "Tout s'américanise, il n'y a plus que la gauche ou la droite, le noir ou le blanc. On parle à peine du centre", estime-t-il. La classe moyenne se perd, c'est dommage. Car c'est de cette communauté que vit la Suisse.

La Suisse montagneuse est bien présente sur son nouvel album "Schnupf, Schnaps und Edelwyss". Rien d'étonnant à cela : il a enregistré l'album en trois semaines dans un chalet de montagne du Justistal. "Cela donne un son un peu plus carré et anguleux, mais c'est exactement le son que je voulais", raconte-t-il. "Aujourd'hui, on enregistre un album sur une plus longue période, je voulais qu'il soit compact et que tous les membres du groupe y travaillent", explique-t-il. Même avant et après les trois semaines, personne n'a travaillé sur l'album. Ce n'est pas nécessaire, car "je suis méga content du résultat", dit le chanteur alpin.

Trauffer ne comprend pas les critiques de Gülsha

Les critiques ont tout de même fusé. La présentatrice de télévision Gülsha a accusé Trauffer de sexisme à cause de la chanson "Geissepeter". "Elle s'agite autour de moi et nous fait de beaux yeux, elle secoue ses tresses et soulève sa jupe", peut-on y lire. Trauffer prend la critique avec calme : "Quand on est au sommet, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait du vent. Que d'autres personnes s'expriment, c'est tout à fait légitime". Malgré tout, il ne laisse pas passer l'accusation de sexisme : "Je peux pleinement soutenir la chanson. Une dirndl n'est pas un mal, nous n'avons rien fait qui dépasse une limite", dit-il. "Surtout à une époque où même les enfants peuvent consommer tout et n'importe quoi sur leur smartphone sans aucun obstacle".

A Hasliberg, il n'y a aucune trace de critique : sur la piste de luge, d'autres amateurs de sports d'hiver reconnaissent régulièrement l'Alpentainer et souhaitent prendre une photo ou obtenir un autographe. Trauffer est proche des gens.

Et ce, bien que l'Alpentainer ait suffisamment à faire, puisqu'il dirige à plein temps sa fabrique de jouets en bois Trauffer AG et qu'il est père de deux enfants. "Il y a vraiment beaucoup de choses qui se passent en ce moment, mon train a un rythme très élevé", dit Trauffer. "Mais c'est agréable, je profite du statu quo". Il puise sa force dans les nombreuses énergies positives que lui procure le succès. "Si tout ne tournait pas rond - que ce soit dans l'entreprise ou dans la musique -, je ne pourrais pas assumer une telle charge de travail".

La prochaine tournée est une expérience à 360 degrés

Pour les prochains concerts, Trauffer a développé son propre village de chanteurs alpins : "Je trouvais toujours dommage que les gens viennent à mon concert, attendent le début, s'amusent pendant deux heures et repartent", dit-il. "C'est pourquoi il y a désormais un programme cadre avant et après le concert : avant, il y a de la nourriture de la région, après, c'est la fête et l'une ou l'autre possibilité de prendre des photos avec moi", raconte-t-il. De plus, la tournée ne se déroule pas dans les grandes villes, mais dans les banlieues et à la campagne. Cela fait aussi partie du concept : "Le concert à guichets fermés à Zurich était certes beau, mais quand j'ai demandé qui était de Zurich, seules trois personnes ont répondu", dit-il. C'est pourquoi il va maintenant directement à la rencontre des fans. "Et les gens de la ville peuvent aller se mettre au vert. C'est bien aussi".

TRAUFFER
09.03.18-26.05.18, la grande tournée avec le village des Alpentainer.
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Traduit avec DeepL