Comédie

Slam 2018 : Queen Hazel offre du whisky pour les mots

26.10.2018 Par Monika Linder
Kilian Ziegler, le champion suisse en titre en individuel et en équipe, résume bien la solidarité de la scène slam. "En premier lieu, nous nous réjouissons les uns des autres, et la compétition ne vient qu'en second lieu", explique l'Oltenois, "ce n'est pas pour rien que nous nous appelons aussi la 'Slamily', un jeu de mots entre slam et family". On se réjouit avec chaque personne qui gagne, d'autant plus si son propre nom se retrouve à la fin sur le podium et peut recevoir la bouteille de whisky de Hazel Brugger.

Entre-temps, la scène germanophone est sortie de l'ombre du grand frère américain et lui est même passée au-dessus de la tête. L'autre jour, à Hambourg, 5'000 visiteurs étaient présents. Le lieu de la manifestation change chaque année. Depuis 2008, la Suisse a dû patienter dix ans pour accueillir à nouveau les meilleurs acrobates des mots, artistes du langage, jongleurs de rimes et poètes.

Le poetry slam est une compétition poétique moderne dans laquelle les poètes s'affrontent, seuls ou en équipe, avec des textes qu'ils ont eux-mêmes écrits. Qu'il s'agisse d'histoires, de rap, de poésie ou de comédie, les slameurs se battent avec toutes les ressources de l'art pour obtenir les faveurs du public. La structure du slam traditionnel a été définie en 1986 par Marc Smith, ouvrier du bâtiment et poète, lors d'une série de lectures dans un club de jazz de Chicago. Le concours s'est rapidement répandu dans tout le pays et a trouvé un foyer permanent et déjà légendaire à New York, au Nuyorican Poets Café.

200 acrobates des mots viennent à Zurich pour le slam - d'Allemagne, d'Autriche, du Luxembourg, du Tyrol du Sud et d'autres endroits de Suisse. Après le gala d'ouverture au Schauspielhaus, le spectacle se poursuivra dans les cercles 4 et 5 - à l'Amboss Rampe, au Kasheme, au Kosmos, au Plaza, au X-TRA et au Volkshaus. Le point culminant après quatre jours de compétition en individuel aura lieu le 10 novembre au Hallenstadion de Zurich. Les douze tours préliminaires, les quatre demi-finales et la compétition par équipe, considérée comme la discipline reine de la communauté, exigent des participants tout leur savoir-faire.

Ce n'est pas seulement la concurrence qui augmente la pression sur les participants, mais aussi l'horloge : en seulement six minutes, le texte doit être convaincant. Les orateurs sont jugés sur la manière dont ils présentent leur texte, mais aussi sur le style et le contenu. L'art de susciter l'enthousiasme et de captiver le public est déterminant. L'auditeur est à la fois observateur et, en fin de compte, le pouce césarien qui pointe vers le haut ou vers le bas à la fin.

Le suisse allemand est considéré comme particulièrement dynamique et expressif.

"De nombreux textes ne peuvent pas être traduits un à un en allemand standard, car ils perdraient alors leur dynamisme et leur force d'expression. En tant que Suisses, nous avons donc l'avantage du terrain".

Kilian Ziegler

La figure de proue de la scène germanophone, Hazel Brugger, animera la finale avec le pilier de la scène zurichoise, Phibi Reichling. "L'avantage d'un championnat en Suisse est que nous ne devons pas réécrire nos textes en dialecte", explique Laurin Buser, qui concourt en individuel ainsi que dans l'équipe "Zum goldenen Schmied" avec Fatima Moumouni. "De nombreux textes ne peuvent pas être traduits un à un en allemand standard, car ils perdraient alors leur dynamique et leur force d'expression. En tant que Suisses, nous avons donc un avantage à domicile".

Mais c'est aussi le seul avantage, selon Kilian Ziegler : "Le public ne se laisse pas aveugler par l'origine et évalue la performance des récitants de manière impartiale. Le meilleur gagne". Chez les deux slameurs, c'est toutefois l'impatience qui prédomine. Chez ces messieurs, on ne ressent aucune nervosité.

Slam 2018 - Championnats de slam de poésie en langue allemande
6-10.11.2018, divers lieux, Zurich
TICKETS

Traduit avec DeepL